S’il existe deux agences de la banque cantonale au centre de Bulle, celle qui nous intéresse possède un caractère plus historique. Datée de 1892 pour être précis, elle est positionnée en pignon sur la place des Tilleuls, ouverte sur trois façades, et fait face au château de Bulle, érigé lui vers la fin du XIIIe siècle.
Tout en veillant à se conformer aux nouveaux usages en matière bancaire, notre objectif était de se rapprocher de l’idée originelle propre au bâtiment. La porte d’accès a été valorisée, ceci afin de proposer une entrée unique, un sas 24/7 proposant une zone de bancomats sur l’un des murs, l’autre consistant en une paroi vitrée ouvrant sur l’espace d’accueil proprement dit. Cette zone sert à la fois de sas sécuritaire et de zone thermique.
Voir et être vu
Deux fenêtres ont été également agrandies jusqu’au sol, manière d’offrir un geste architectural plus généreux. S’il y a une forme de « rééquilibrage » esthétique en offrant un bâtiment qui retrouve ainsi une forme d’organisation de façade, il offre un double effet visuel. Celui de voir de l’extérieur vers l’intérieur et d’offrir ainsi une forme de transparence. Celui également de voir de l’intérieur vers l’extérieur où l’espace d’accueil semble dialoguer avec la place sur laquelle donne la banque.
Afin d’en parfaire le dessin externe, une marquise a été ajoutée, une pièce de serrurerie qui amène autant une réalité pratique qu’elle permet de proposer une forme de protection symbolique. Pour renforcer le caractère emblématique du bâtiment, nous avons également procédé à un ripolinage de façade. À une peinture tirant sur un vieux saumon agrémenté de volets vaguement turquoise, le dessin des fenêtres a été renforcé par un rouge soutenu, et des volets d’un gris discret. De même, afin d’offrir au bâtiment une forme de dynamisme graphique, le logo de l’enseigne a été déplacé sur l’un des côtés de la marquise.
L’espace d’accueil est un élégant mélange de chêne et de verre, mais aussi de noir et de bronze sur les murs intérieurs. L’un d’eux accueille notamment une carte de la Sarine. Comme une trace du territoire que la banque recouvre, une forme d’empreinte. Les claies de chêne servent à délimiter les espaces, les bureaux et desks d’accueil dessinés par nos soins sont autant de zones qui se veulent qualitatives. On prend soin des personnes que l’on reçoit. On montre aussi qu’il y a de vraies personnes qui travaillent dans ces lieux. C’est une banque cantonale qui, tout en préservant les questions de privacité et de confidentialité, veut jouer cartes sur table : « On ne vous cache rien ».
Légèrement en retrait, discret à la vue, un escalier monte dans les étages et fait bloc avec la cage d’ascenseur toute de noir également. Les étages sont plus classiques au niveau des aménagements intérieurs où il s’est agi avant tout de jouer sur des questions de lumière et de transparence. Face à des petites fenêtres historiques, les salles borgnes ont été largement baies vitrées et travaillées dans une gamme de tons clairs, lumineux.
Au sommet du bâtiment, l’étage des combles a été également repensé, en blanc et bois, volontairement dépouillé, ceci afin de proposer un espace qui incite à prendre de la hauteur. Si on se regarde à travers les quelques ouvertures présentes, on aperçoit le donjon du château, haut de 33 mètres. Une forme de proximité entre une institution faisant office de coffre-fort quand l’autre avait pour destination initiale celle d’un château-… fort.














